Le Manège et FARaway présentent

O Samba do crioulo doido

Luiz de Abreu

Luiz de Abreu fait de la danse le moyen d’une déconstruction des identités racisées. En faisant rejouer à Calixto Neto les stéréotypes liés à la représentation du corps noir, notamment lors du carnaval où il est pris en étau entre exotisme et érotisme, le chorégraphe retourne le cliché contre lui-même pour mieux en moquer les inconscients racistes. Dans ce solo radical, qui tourne en dérision les formes du ballet classique, il déploie un langage chorégraphique singulier par le biais duquel il recentre la question de l’identité à l’endroit du corps. La violence de son écriture apparaît alors à la mesure de l’urgence d’aborder la question décoloniale, l’héritage de l’esclavage et les rapports de domination contemporains. Portée par un humour transgressif, la pièce forme une critique sans détour de la condition subalterne des Noirs. De jeux péniens en gestes de détournement du drapeau national, il s’agit de penser ici la danse comme l’instrument d’une libération physique aux effets émancipateurs, un cri par lequel s’organise le passage du corps-objet au corps-sujet.

 

LUIZ DE ABREU

Diplômé de l’école de danse contemporaine Angel Vianna (Rio de Janeiro) et titulaire d’une maîtrise de l’université d’Uberlândia, Luiz de Abreu est chorégraphe-interprète. Essentiellement tourné vers l’exploration des stéréotypes liés au corps noir, son travail a été montré en France, en Allemagne, au Portugal, en Croatie, à Cuba, en Espagne et au Brésil, où il vit et travaille. Il a notamment participé au Sesc Dance Show de São Paulo ou à la Biennale du Mercosur. Sa pièce O Samba do crioulo doido fait partie de la collection de vidéodanse du Centre Pompidou.

CALIXTO NETO

Formé au théâtre à l’université Fédérale de Pernambuco, puis à la danse au sein du Groupe Expérimental de Danse de Recife, le danseur et chorégraphe brésilien Calixto Neto a suivi le cursus du Master Exerce du CCN de Montpellier. Entre 2013 et 2015, il y crée le solo petites explosions ainsi que le duo Pipoca, en collaboration avec Bruno Freire. Membre de la compagnie de Lia Rodrigues entre 2007 et 2013, il est également interprète pour Claudio Bernardo, Volmir Cordeiro, Gerard & Kelly et Mette Ingvartsen.

 

À PROPOS DU FESTIVAL PANORAMA

Depuis sa première édition en 1992, le festival Panorama invite la danse et les arts à investir la ville de Rio de Janeiro avec des projets aux formats multiples, d’artistes brésiliens et internationaux. Dans le contexte politique extrêmement défavorable que connaît le Brésil actuellement, le CND Centre national de la danse a souhaité inviter Panorama pour qu’il trouve en France et en Europe une terre d’accueil qui permette aux artistes qu’il soutient et qu’il a fait connaître, de présenter leur travail dans un nouveau contexte, auprès de nouveaux publics et de prolonger ainsi le travail de défricheur que Panorama tente de poursuivre dans son pays. FARaway est fier de donner cette visibilité à ce projet culturel majeur en écho à l’invitation du CND.

 

Juste après, le débat à 11:40 : Artistes et régimes autoritaires, Brésil